lundi 4 juillet 2011

Une journee chez les Dayaks

Dimanche dernier j'ai eu a nouveau droit a ma dose de concentre d'Indonesie. Au festival Erau a Tenggarong (une ville au bord de la riviere Mahakam), je me suis deguisee en dayak pour faire bonne figure. A la tribune des officiels (et oui chez Total Indonesie, on a des privileges que d'autres n'ont pas) j'ai pu assister a l'ouverture du festival avec des danses dayaks et traditionnels de la region de Kutai Kartenegara.
En route, j'ai eu aussi la chance de voir a quel point l'ile de Borneo etait menacee. La plupart de la foret longeant la route n'est plus vraiment une foret, mais plutot un genre de savane avec quelques arbres clairsemes. On peut admirer de magnifiques mines de charbon a ciel ouvert, qui donne l'impression que la terre a ete decoupe au couteau par un bon gros geant. En arrivant au bord de la Mahakam, on croise des dizaines de barges transportant des tonnes de charbon, vidant Borneo de ses precieuses ressources naturelles. On dit que le district de Kutai Kartenegara est le plus riche d'Indonesie. Ce n'est pas etonnant, quand on imagine combien de tonnes de charbon (et de bois) sont extraits et exportes vers la Chine, le Japon ou Taiwan. On a aussi la chance de croiser les fameuses plantations de palmier a huile, plantes tellement serres qu'on se demande comment la terre peut produire assez de nutriments pour nourrir cette charmante vegetation.
Et on se dit que le gouvernement indonesien est bien hypocrite, a faire semblant de se soucier de Borneo. La deforestation illegale, la cession de parcelles de foret protegees aux compagnies minieres, le soutien a la production de l'huile de palme sous couvert de lutte contre le rechauffement climatique... tout ca nous rappelle qu'en France, malgre un president ridicule et un gouvernement a l'ethique douteuse, la societe civile est assez forte pour assurer la protection de l'environnement contre les interets economiques et financiers d'un petit groupe de multinationales dont l'ethique est elle aussi plus que douteuse. En Indonesie, nous en sommes encore bien loin...






























Banjamarsin - dans l'enfer des mines

Bon j'exagere un peu dans mon titre, mais ce WE a Banjamarsin (ville au sud-est de Borneo) a quand meme ete l'occasion de se prendre une claque dans la gueule.
Claque parce que l'ont voit des gens vivre dans la merde (litteralement), dans leur maison sur pilotis qui donne sur un fleuve sale ou l'on se lave, fait ses besoins, la vaisselle, ou l'on se brosse les dents et l'on se baigne, au milieu des dechets et sans doute d'une bonne quantite de polluants et de microbes. Mais les gens gardent le sourire, ils ont quand meme l'air heureux d'habiter ici et on ressort de ce trip en bateau dans la venise de Borneo heureux et le sourire aux levres.
Claque enfin lorsque l'on va "visiter" les mines de diamant de Marta Pura. Des trous beants a perte de vue, le paysage defigure, et des hommes qui travaillent dans des conditions absolument horribles : au fond du trou, par 40 degres, a cote d'un generateur bruyant et expose aux risques permanents d'eboulements. Je n'ai pas vu ceux qui rentrent dans les galeries creuses a la pelle (souvenir: le reportage Capital Terre sur les mines au Zimbabwe), mais le guide nous a raconte qu'il y avait souvent des morts, et que lorsque 2 personnes se rencontraient dans une meme galerie elles se battaient a mort. Enfin, un bien maigre salaire: un "boss" paie un salaire (+ des cigarettes, l'opium de l'indonesien) aux ouvriers qui, lorsqu'ils trouvent une pierre, se voient reverser 35% du prix de la pierre. C'est bien mieux que rien vous me direz, mais quand on songe au prix du produit fini, on est vite ecoeure. Alors oui, les pierres c'est joli et ca brille, mais ce petit tour au coeur du systeme m'a aussi rappele que connaitre le cycle de vie d'un produit nous permet de consommer mieux et plus responsablement (et tout le tralala quoi, pas besoin de vous faire un dessin). Bref, quand enfin on se fera passe la bague au doigt, on n'oubliera pas de dire a son cheri qu'il vaut mieux un caillou plus petit mais trouve dans de bonnes conditions. Plutot qu'un gros caillou ramasse salement.